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Actualités

Année internationale des agricultrices 2026

23 juillet 2026

Année internationale des agricultrices 2026

Année internationale des agricultrices 2026 : la FAO salue la contribution des femmes rurales à la transformation des systèmes agroalimentaires

À l'issue d'une mission de terrain menée dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Thiès, dans le cadre du lancement officiel de l'Année internationale des agricultrices 2026, la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l'Afrique de l'Ouest et Représentante par intérim de la FAO au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya, revient sur les enseignements de cette tournée.

Dans cet entretien, elle salue les résultats impressionnants obtenus par les femmes rurales tout en insistant sur les défis majeurs qui subsistent, notamment l'accès au foncier, au financement et aux équipements modernes.

Après cette tournée dans plusieurs régions du Sénégal, quel bilan tirez-vous des initiatives soutenues par la FAO ?

Bintia Stephen Tchicaya : Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons observé sur le terrain. Cette mission nous a permis de constater l'engagement remarquable des femmes dans la transformation des systèmes agroalimentaires.

Partout où nous sommes passés, nous avons rencontré des femmes enthousiastes, pleinement investies et fières des résultats obtenus grâce à l'accompagnement de la FAO et de ses partenaires, notamment l'Union européenne, le Canada, le Québec, l'Irlande et l'initiative de la Grande Muraille Verte.

La FAO est une agence technique dont la mission est de transmettre des connaissances, des compétences et de bonnes pratiques aux gouvernements comme aux communautés. Aujourd'hui, nous constatons avec satisfaction que ces femmes ne se contentent plus d'appliquer ces techniques : elles deviennent à leur tour des formatrices au sein de leurs communautés et transmettent leur savoir à d'autres femmes ainsi qu'aux jeunes.

Nous avons également observé un véritable engouement. De nouveaux groupements souhaitent rejoindre cette dynamique afin de participer à la production, à la transformation et à la commercialisation des produits agricoles. C'est un signal extrêmement encourageant.

Quels sont aujourd'hui les principaux défis exprimés par ces femmes sur le terrain ?

Le principal défi reste incontestablement l'accès à la terre. Dans plusieurs localités, les femmes demandent l'extension des périmètres agricoles existants, tandis que d'autres réclament tout simplement des terres pour pouvoir produire.

À cela s'ajoutent les difficultés d'accès au financement ainsi que le manque d'équipements adaptés. Ce sont des préoccupations qui reviennent systématiquement lors de nos échanges avec les productrices.

Nous avons pris bonne note de ces doléances. De notre côté, nous encourageons ces organisations à poursuivre leur structuration et à élaborer des projets solides afin que nous puissions, ensemble, mobiliser davantage de ressources pour répondre à leurs besoins.

La FAO envisage-t-elle d'étendre ces programmes d'accompagnement à d'autres localités du pays ?

Absolument. Plus l'engouement grandit, plus les besoins augmentent, ce qui constitue une évolution naturelle. Notre ambition est de poursuivre la mobilisation des partenaires afin d'accompagner davantage de femmes et de jeunes dans la transformation des systèmes agroalimentaires et d'étendre ces bonnes pratiques à d'autres régions du Sénégal.

Cette agriculture crée aujourd'hui de véritables emplois verts. Nous avons rencontré des femmes devenues pépiniéristes, productrices de semences ou encore vendeuses de plants, qui vivent désormais dignement des revenus générés par leurs activités.

C'est précisément le résultat recherché grâce à l'agriculture climato-intelligente et à l'agriculture de précision. Nous avons visité un échantillon de projets en une semaine, mais ces initiatives existent également dans d'autres régions, notamment à Tambacounda et Kaffrine.

Par ailleurs, avec le Fonds vert pour le climat, nous allons renforcer ces approches tout au long de la Grande Muraille Verte, notamment à travers l'agroforesterie et la valorisation des produits forestiers non ligneux.

Ces interventions s'alignent-elles sur la nouvelle feuille de route stratégique du gouvernement sénégalais ?

Tout à fait. Nous avons aligné l'ensemble de nos interventions sur la Vision Sénégal 2050, qui fait de la souveraineté alimentaire une priorité nationale absolue.

Notre mission consiste à accompagner les communautés afin qu'elles produisent davantage de denrées locales et renforcent leur résilience. Nous accordons une attention particulière aux femmes et aux jeunes, car investir dans une femme, c'est investir dans toute une famille, mais aussi dans toute une communauté.

Quel impact concret observez-vous déjà auprès des ménages ruraux ?

Nous sommes déjà au cœur des résultats et les témoignages des femmes parlent d'eux-mêmes. Certaines expliquent qu'elles vendent aujourd'hui leur gombo à 1 000 francs CFA le kilogramme et réalisent plusieurs récoltes au cours de l'année.

Autrefois, beaucoup ne pratiquaient le maraîchage que durant quelques mois. Désormais, certaines produisent presque toute l'année, travaillent onze mois sur douze et choisissent elles-mêmes leur période de repos.

C'est exactement ce que nous recherchons lorsque nous parlons de souveraineté alimentaire : permettre aux agricultrices de produire durablement, d'améliorer leurs revenus et de vivre dignement de leur travail.

L'accès à la terre demeure un obstacle culturel majeur. Comment la FAO compte-t-elle agir concrètement sur ce levier ?

Nous savons que cette question est profondément liée aux réalités socioculturelles et que changer les mentalités demande du temps. Cependant, nous observons déjà des évolutions très encourageantes.

Dans certaines communautés, les populations commencent elles-mêmes à attribuer des terres aux femmes parce qu'elles constatent la réalité des résultats obtenus et l'impact économique direct sur la collectivité.

Nous développons progressivement des outils de sensibilisation afin d'accompagner ce changement de comportement. Nous voulons que chacun comprenne que l'agriculture est aujourd'hui une véritable activité économique rentable.

Lorsqu'une femme réussit dans ce domaine, c'est toute la communauté qui en bénéficie. Nous restons donc très optimistes et poursuivrons ce travail de plaidoyer jusqu'à ce que l'accès des femmes au foncier soit une réalité partagée dans toutes les localités du Sénégal.

Parmi toutes les étapes de cette tournée régionale, quelle initiative vous a le plus marquée ?

C'est une question difficile, car chaque localité possède sa propre richesse. À Némabah, du côté de Toubacouta, j'ai été impressionnée par le travail réalisé dans les mangroves et autour de la filière des huîtres.

Ailleurs, je suis frappée par les performances exceptionnelles des fermes agroécologiques. Voir, sur une petite superficie, des navets d'une telle qualité issus de l'agriculture biologique est véritablement remarquable.

Je préfère donc ne pas établir de classement. Partout, les femmes nous ont démontré leur détermination, leur savoir-faire et leur immense contribution à la transformation des systèmes agroalimentaires.

« Je souhaite enfin lancer un appel aux médias : continuez à mettre en lumière le travail de ces femmes rurales. Elles travaillent sans relâche, souvent dans l'ombre. Elles méritent d'être connues, reconnues et valorisées pour leur contribution essentielle à la sécurité alimentaire, à la résilience des communautés et au développement durable. »

— Bintia Stephen Tchicaya

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